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    Mes vrais enfants

    Mes vrais enfants sur Hugin et Munin : « Des petits plaisirs, de grandes espérances, des malheurs… Patricia est superbement rendue. On y croit à chaque page. »


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    Le roman d'Al Robertson se retrouve Auprès des livres : « C’est une critique assez féroce de notre société. »


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  • [Deuxième post proposé et traduit par Al Robertson, à l'occasion de la parution de son premier roman, Station : La chute. Encore merci à lui.]

     

     

    J'aime les publicités dans la science-fiction, car elles peuvent faire tant de choses merveilleuses : elles peuvent construire des mondes, les subvertir et même les détruire.

    Regardons d'abord l’élaboration d’un monde. Les annonces publicitaires peuvent en dire beaucoup, très vite, sur un univers de science-fiction. Voici un de mes exemples préférés : une décharge d'information issue du Westworld original (oh, et je prends des exemples de films parce que les publicités sont avant tout visuelles et c’est chouette d’en regarder quelques-unes – et excusez-moi, je n’ai trouvé que des extraits sans sous titres ni doublage français).


    Eh bien, c’était  peut-être des robots...


    Les premières minutes de Westworld sont une longue campagne de promotion :




    Cette introduction fait un excellent travail de mise en place des lieux du film : on vous présente  très rapidement le monde médiéval, le monde romain et (bien sûr) le monde sauvage de l'Ouest. Mais elle agit aussi de manière un peu plus subtile. Elle vous fait progressivement vous sentir un peu mal à l'aise par rapport à ces mondes et aux gens qui les visitent. Ils ont tous utilisé la technologie pour vivre des fantasmes sans conséquence de sexe, de violence et de contrôle. Mais – en tant que spectateurs du monde réel – nous savons que les technologies tombent en panne et que les fantasmes, s’ils deviennent trop réels, peuvent échapper à tout contrôle. Et bien sûr, nous sommes tous naturellement suspicieux face à un enthousiasme aussi exagéré. L'annonce publicitaire se subvertit donc elle-même. Cela nous prépare à nous attendre à du grabuge, qui ne tarde pas à arriver dans le film.

    En fait, cette introduction permet d’élaborer le monde de Westworld de deux façons. Elle ne se contente pas de le décrire – elle indique également comment il va s’effondrer. Ce deuxième point est crucial. La publicité n'est pas seulement un outil de construction d’un monde très utile. C'est aussi un merveilleux outil critique du monde.


    J'achèterais cela pour un dollar


    Ce genre de critique imprègne les films RoboCop, des films qui savent très bien que la publicité nous montre ce dont  toute société se préoccupe le plus. Ils utilisent cette connaissance d'une manière violemment satirique. Voici une série d'annonces publicitaires extraites des films RoboCop originaux :





    Ces annonces publicitaires transpercent le monde qu'elles nous montrent. Les pubs pour le jeu Nukem et pour Magnavolt nous assènent son éthique de base – « Attaquez-les avant qu'ils ne vous attaquent ». Le spot pour Sun Block 5000 souligne la myopie personnelle et la cupidité irréfléchie des entreprises. Et le choc Godzillatastique du 6000 SUX transforme un petit plaisir égoïste en acte de consommation patriotique et fondé sur des principes (« Une tradition américaine - 35 litres aux 100 km »).

    Et bien sûr, comme toutes les meilleures satires, les films ne se contentent pas d'attaquer un monde imaginaire. Ils nous forcent également à réfléchir sur le  monde qui nous entoure. Qu’ont en commun notre propre marché libre, fortement privatisé, notre paradis écologiquement endommagé, et la dystopie de Robocop ? Dans quelle mesure ces publicités  pourraient-elles être insérées dans une coupure publicitaire actuelle ? On n’en est pas si loin, hélas !


    Quel logo d’entreprise courageux !

     

    Enfin, la publicité est une technologie de manipulation. Parfois, la manipulation est entièrement personnelle. Voici un exemple tiré de Serenity. Cette annonce publicitaire pour Fruity Oaty Bar contient un signal subliminal qui oblige River Tam à se révéler à l’Alliance :




    Elle regarde la pub, passe en mode combat et saccage tout. Le pouvoir de la publicité sur sa personnalité s’éveille, les méchants qui la poursuivent découvrent où elle se trouve et les clients (plus ou moins) innocents d'un bar se prennent une raclée.

    Bien sûr, l'annonce de River est une arme à un seul coup – elle est destinée à elle et à elle seule. Mais il existe de bien plus vastes apocalypses publicitaires. John Carpenter en a créé deux parmi les meilleurs. Voici tout d’abord la fausse pub la plus accrocheuse et la plus irritante jamais enregistrée :





    Dans le plutôt sous-estimé Halloween III : Le sang du sorcier, elle déclenchera toutes sortes de destructions quasi-païennes. Des tessons de Stonehenge, incorporés dans les masques de Silver Shamrock Halloween, seront activés par la publicité, lançant des essaims d'insectes et des serpents afin de tuer beaucoup de personnes et rétablir ainsi Samain comme une sinistre et brutale célébration des ténèbres. Oh, et il y a également des androïdes pervers (en plus d'être plutôt sous-estimé, Halloween III est aussi plutôt fou).

    Et pour un aperçu plus complet – et plus purement SF – de la force destructrice de la publicité, il y a  le classique Invasion Los Angeles. Les extraterrestres ont conquis le monde ! Ils nous reprogramment tous ! Personne ne s’en est vraiment aperçu ! OBÉISSEZ ! CONSOMMEZ !

    Finalement, notre héros débarque, saisit la bonne paire de lunettes de soleil et comprend la vérité :




    C'est une belle scène. En dehors de toute autre chose, c'est un excellent commentaire sur la façon dont la publicité est omniprésente dans notre monde moderne.

    Imaginez qu’un parti politique ou une religion nous ait assené ses messages de la même manière – nous serions tous profondément préoccupés par le lavage de cerveau. Mais en donnant plein d'espace public à un tas de personnes hautement créatives et ayant une compréhension approfondie de la psychologie du consommateur dans le but de nous vendre beaucoup de choses dont nous pouvons ou non avoir besoin ? Cela ne pose aucun problème...

    Ces deux films sont extrêmement méfiants vis à vis de la publicité, la percevant comme un type de contrôle social qui profite au vendeur et nuit au spectateur. Ils n'utilisent pas la publicité pour critiquer la société – ils la condamnent en tant que force qui la brise. La publicité devient le Grand Méchant qui doit être combattu et vaincu avant qu'il ne nous détruise tous.

    C'est pourquoi je fais toujours attention à la publicité dans la science-fiction. C'est génial pour construire un monde, pour le critiquer ou pour le détruire. Et maintenant, je vais aller voir des publicités du monde réel. Après avoir regardé toutes ces publicités fictives, je suis bien curieux de voir ce que des pubs réelles ont à dire sur notre propre version de la réalité...

    (Publié pour la première fois sur Gamesradar, avec leur aimable autorisation : http://www.gamesradar.com/guest-blog-keep-watching-ads/)


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    Le roman de Jo Walton dans la Librairie fantastique : « Je conseille véritablement cet ouvrage à tout le monde. »


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    Le roman de Scott Hawkins finit dans le panier du dernier numéro de la revue Bifrost. « De tels romans, on n'en lit pas tous les jours, on n'en lit même pas tous les ans. »


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    Le voyage de Simon Morley de Jack Finney (dans son édition Folio SF) est sur le Fantasy index.


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    Sur Space Fictions : « Bien plus qu’un puzzle, L’adjacent est le Rubik’s Cube des thématiques chères à l’auteur. »


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    Gromovar remet en avant la critique qu'il avait faite de Chrashing Heaven, la VO de Station : La chute, et sa passionnante interview d'Al Robertson. « Embarque pour la Station, lecteur ! Tu ne le regretteras pas. »


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